WP1- Ressources en matières premières et contextualisations

WP1.1 Identifier les matières premières mobilisées dans la fabrique des objets patrimoniaux

La production d’un objet en un endroit donné dépend des ressources en matières premières accessibles à proximité ou à plus longue distance pour des matières à plus forte valeur ajoutée. La géologie des Alpes occidentales et de l’axe rhodanien présente une diversité rare de matériaux qui ont pu faire l’objet d’exploitation, d’échange et de traitement. Ces ressources en matières premières reposent sur exploiticité (accessibilité, moyen technologique)  qui varie dans le temps selon les techniques mises en place, le contexte socio-économique et leur valeur symbolique ou marchande.

Au-delà de leur dimension lithologique (nature du matériel), la compréhension de la valeur de cette ressource dépend du contexte culturel et des savoir-faire techniques des sociétés passées. Le croisement des données géologiques et des données culturelles permet de mettre en évidence des choix sociétaux et de reconstruire des circulations de matières premières utilisées pour les objets patrimoniaux.

Afin d’identifier les matières premières de référence à partir de prospection, l’un des premiers verrous est la connaissance des données de terrain mais également des données historiques. Il est souvent difficile de retrouver les traces les plus anciennes d’une exploitation qui a fait disparaître au fur et à mesure ces indices. Une autre difficulté est la possibilité de décrire les structures géologiques auxquelles sont associées ces ressources. Dans le cas des mines, certaines ont été complètement exploitées, d’autres ont été condamnées (artificiellement ou naturellement). Enfin, la comparaison entre une matière première et un matériau transformé ou altéré présente également un enjeu majeur qui repose sur l’identification de signature géologique pertinente (géochimie, microstructure, micromorphologie) nécessitant la complémentarité de techniques physico-chimiques.
Dans le cadre du projet Patrimalp, l’accent sera mis sur les matières colorantes et les métaux utilisés dans les objets patrimoniaux dans le cadre des projets « Pigmentothèque  » et « Tramine » , proposant la construction de base de données sur ces matières premières. 

WP1.2 Recontextualiser les choix des sources de matières premières et de production d’art rupestre par une approche socio-écosystémique

La compréhension des choix qui ont prévalus dans le passé aussi bien dans l’exploitation des matières premières que des lieux de réalisation d’œuvres patrimoniales (exemple des sites rupestres), implique le croisement des données archéologiques, ethnographiques et environnementales. Seul ce croisement permet d’appréhender les choix des sociétés passées et d’interroger leurs raisons et leurs variabilités dans le temps.

Il s’agit ici de travailler sur les interactions Hommes/Milieux qui ont varié dans le temps en fonction des variations climatiques, des axes d’échange, de l’accessibilité des sites (obstacles et aléas géomorphologiques, ouverture ou non de la couverture végétale, etc.), des développements techniques (par exemple, exploitation en surface puis souterraine des matières recherchées), soit un ensemble de paramètres qui ont évolué dans le temps.

C’est la prise en compte de cette variabilité des données naturelles et culturelles dans le temps qu’il s’agit d’interroger et de renseigner pour aborder les choix des sociétés passées dans l’exploitation des matières premières, leur transformation, leur valeur d’échange et dans la production de lieux symboliques inscrits dans leur territorialité (grottes ornées, gisements archéologiques, etc..). Seule une approche globale intégrant les dynamiques de changement et les modalités de réponses sociales, culturelles et médiales est à même de répondre aux choix opérés par les sociétés passés. L’accent sera mis ici sur les différentes formes d’accessibilité des sites de matières premières (lithologique, pigment, métaux…) et des sites patrimoniaux d’altitude (sites archéologiques et rupestres entre autres) en prenant en compte les contraintes climatiques, hydrologiques et géomorphologiques depuis la fin de la dernière glaciation jusqu’au Petit Age glaciaire (XV-XIXe siècle).