Aurélie Chassin de Kergommeaux

Trajectoires des roches riches en fer durant le Paléolithique : genèse, sélection et altération
Master PATRIMALP / EDYTEM - Doctorante MENRT /EDYTEM - Eq. Matières et Sociétés

Diplômé de master de Sciences de la Terre et de l’environnement spécialisé dans la sédimentologie (co-accrédité entre l’ENS de Lyon et l’université Claude Bernard de Lyon -2018) et intéressée par l’étude des matières minérales archéologiques et de leur provenance, je rejoins le laboratoire EDyTeM pour étudier des matières colorantes archéologiques riches en fer, matières retrouvées dans de nombreux contextes archéologiques en relation avec un vaste éventail de pratiques (peintures, activités domestiques et artisanales). L’objectif principal de cette recherche doctorale porte sur la caractérisation de l’ensemble de la chaîne évolutive des matières colorantes riches en fer depuis leur genèse jusqu’à leur prélèvement afin de reconstituer leurs trajectoires spatiales et compositionnelles.

 

Dans un premier temps, la diversité géologique de ces matières au sein des collections archéologiques de sites du Paléolithique supérieur du bassin versant de l’Yonne (Pincevent, Arcy-sur-Cure, Oisy) sera évaluée en identifiant les différents faciès présents dans les collections. Les formations géologiques d’origine de ces matières seront alors prospectées, ce qui permettra d’évaluer leur variabilité verticale et horizontale et définir les caractéristiques structurales, texturales, minéralogiques et géochimiques initiales de ces roches à comparer avec les matières constitutives des pièces archéologiques. 

 

Ces caractérisations mobiliseront des moyens analytiques tels que la microscopie optique, la microscopie électronique à balayage (MEB), la diffraction des rayons X (DRX) et des techniques d’analyses élémentaires telles que l’ICP-MS ou le PIXE pour compléter les observations macro- et méso-scopiques faites à la loupe binoculaire. La méthodologie utilisée en routine pour les caractérisations pétrographiques sera aménagée pour limiter la destruction du matériel archéologique et prendre en compte les différentes modifications de la matière dues à son enfouissement (modifications taphonomiques).

 

Dans un second temps, et de la même manière, seront également décrites les modifications de ces matières géologiques en fonction de la durée du transport dans le réseau hydrographique suite à l’érosion et à divers processus d’altération des formations primaires, afin de comprendre si les préhistoriques se sont procurer leurs matières colorantes dans les formations géologiques primaires ou dans des alluvions ou colluvions. 

 

Démêler les caractéristiques primaires et acquises au cours de la chaine évolutive en prenant en compte les effets de la taphonomie est l’enjeu principal pour (i) reconnaitre les critères sensibles de la sélection dans le passé des matières colorantes riches en fer (couleur, résistance, homogénéité, texture, exploitabilité, accessibilité), (ii) retrouver les distances parcourues par les groupes humains pour accéder aux ressources colorantes, (iii) comparer les pratiques et les espaces fréquentés au cours du temps, (iv) mettre en évidences les modifications volontaires d’origine anthropiques, (v) préciser les objectifs des exploitations de matières colorantes dans les différents contextes d’utilisation et de mise en œuvre.


Publié le 12 mai 2021